Recours au TF contre l’interdiction de la mendicité

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    Fin août, un recours a été déposé au Tribunal fédéral (TF) contre l’interdiction généralisée de la mendicité dans le canton de Vaud et une membre de la communauté de S. Egidio figure parmi les recourants.

    Dans la perspective de continuer à soutenir les familles roms présentes à Lausanne et afin de ne pas laisser notre société se barbariser par l’exclusion de ces dernières, il nous semble essentiel que le Tribunal fédéral se prononce sur cette mesure extrême. Mesure qui a malheureusement reçu l’assentiment de la Cour constitutionnel du canton de Vaud en mai dernier.

    Rédigé par le bureau d’avocat lausannois « r&associés« ,  ce recours au Tribunal Fédéral porte sur plusieurs droits fondamentaux touchés par l’interdiction de la mendicité: le droit à la dignité humaine, le droit à la liberté personnelle, le droit à la liberté économique,… Mais il nous semble que la liberté de conscience et de croyance est également impactée par cette interdiction, que des chrétiens, des juifs ou des musulmans se verront restreints dans leur capacité à venir en aide à autrui selon les enseignements de leur foi.

    En effet, le chrétien est défié dans sa pratique de donner sans attendre de reconnaissance ou d’autres reconnaissances matérielles. L’aumône s’inscrit totalement dans cette pratique.

    Si l’interdiction de la mendicité devait entrer en force, cela signifierait concrètement que le croyant chrétien, musulman ou juif notamment, ne pourrait plus librement exprimer son soutien aux personnes contraintes de mendier. Car l’acte de procéder à une donation à un mendiant en public exprime un geste de solidarité et démontre l’intérêt porté aux plus faibles de la société. Il permet la rencontre et la conversion du cœur.

    C’est dans la rue que la communauté de S. Egidio a rencontré les familles et les enfants qui aujourd’hui bénéficient du programme « Droit à l’école, droit à un avenir ». C’est la première petite pièce offerte et le regard posé dans le regard de l’autre qui ont engendré l’articulation de nouvelles actions.

    « …Que chacun donne comme il l’a résolu, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. Et Dieu peut vous combler de toutes ses grâces, afin que, possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre, selon qu’il est est écrit : il a fait ses largesses, il a donné aux indigents ; Sa justice subsiste à jamais.… Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi s’il n’a pas les œuvres ? Cette foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ?…»   (2 Corinthiens 9, 6-15)