La rentrée 2017 des enfants de « Droit à l’école, droit à un avenir »

    Print Friendly, PDF & Email

    Dan (11 ans) et Narcisa  (5ans) ont repris les cours à Lausanne à la rentrée scolaire à Lausanne. Maria, 8 ans, Iova, 9 ans, Tibi 10 ans et leur grande sœur Larisa 14 ans ont été intégré au programme ce mois de septembre et espèrent rejoindre rapidement leurs futurs camarades d’école.

    De nombreuses autres familles nous sollicitent cet automne afin que leurs enfants puissent être scolarisés grâce au programme « Droit à l’école, droit à un avenir ».

    Avant l’été, en collaboration avec Oprerrom et Point d’Appui, la communauté de S. Egidio a entrepris quelques démarches afin de trouver de nouvelles solutions d’hébergement et du soutien à la recherche d’emploi pour certaines de ces familles.

    Nous sommes inquiets, car la ville de Lausanne a resserré ses critères d’accueil d’urgence. Une personne ne peut effectuer plus de 365 nuitées sur trois ans. Au mois de juin, Dan avait atteint son quota de nuitées… et souhaitait poursuivre sa scolarité à la rentrée. Pour la ville, le besoin chronique de lits par ces familles ne correspond pas à la notion de lit d’urgence… Mais ces familles n’ont aucune autre alternative pour se mettre à l’abri !

    Nous avons rencontré la responsable des structures d’hébergement bas-seuil qui laissait peu d’espoir et sollicité la ville de Lausanne afin qu’elle mette à disposition ses structures d’insertion professionnelle (« mode d’emploi ») à disposition du papa de Dan. A ce jour, nous n’avons pas reçu aucun retour positif. Par contre, Dan est logé depuis quelques semaines au Sleep-in et une forme de tolérance semble avoir été trouvée. Pour combien de temps ?


    Les associations engagées sur le terrain font tout leur possible pour faciliter l’accès au travail pour les personnes qui sont motivées. Mais ce n’est pas facile; le cas de Nicolae l’illustre.

    Nicolae, qui a fêté ses 20 ans en août, a trouvé cette année du travail dans le secteur du bâtiment, grâce à une agence de placement intérimaire. Nicolae a des atouts: il possède un permis B et a fait une petite formation dans le nettoyage. Mais aussi des handicaps: malgré deux années d’écoles faites à Lausanne, de 2014 à 2016, il lit et écrit avec difficulté et son caractère très doux ne l’aide pas à s’affirmer face à un employeur.

    Comment savoir, sans avoir d’expérience du travail en Suisse, qu’il faut faire signer une « fiche horaire » par son patron (qui n’est pas sur le chantier)? Et comment savoir qu’il faut ensuite apporter cette fiche à l’agence de placement pour se faire payer ? Comment savoir qu’il faut solliciter à nouveau du travail lorsque la mission est terminée? Comment réagir lorsque l’entreprise vous dépose sur le lieu du chantier, au fond du Valais, mais ne prend pas la peine d’organiser votre retour à Lausanne en fin de journée?

     

    Au final, de nombreux jours de travail ne lui ont pas été payés, malgré notre intervention.


    Après l’été, certains enfants et leurs familles ne sont pas revenus à Lausanne. C’est le cas de Ioana dont le père semble avoir reçu une interdiction de territoire. Daniel-Armando et son frère Danciu sont encore en Roumanie dans une très grande précarité. Leurs parents ont divorcés et ils ne peuvent pas aller à l’école là-bas.

    Toutes ces personnes souhaitent revenir à Lausanne. Comment l’expliquer, alors que le canton va interdire la mendicité et que les conditions de vie ici sont extrêmement difficiles ? La femme d’Angel (qui a pu être scolarisé dans notre programme) a dû se rendre cet été en France pour accoucher, le CHUV exigeant un dépôt de 10’000 CHF pour la prendre en charge!

    Manifestement, notre pays semble encore offrir de l’espoir à ces gens. Un espoir qu’ils ne trouvent plus en Roumanie ou en Pologne. Espoir d’une vie meilleur, espoir de trouver du travail, espoir de trouver des personnes qui les regardent avec dignité. Et espoir que leurs enfants aient un avenir meilleur !

    La maman de Tibi nous disait la semaine dernière : l’école c’est le seul et dernier espoir que nous avons pour nos enfants pour qu’ils n’aient pas la vie que nous avons.