Intervention de Bernice King à #pontidipace2018

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    Bernice King, la fill de Martin Luther King, est intervenue lors du Forum des jeunes de #pontidipace2018 (14 au 16 octobre 2018 à Bologne). 

    “Mon père recherchait la vérité en prenant des petits morceaux de foi différente, comme une recette de pizza. La liberté n’est pas une conquête définitive. C’est un processus continu. La violence amène la violence, la non-violence produit la justice”

    Un monde sans racisme et sans violence, un monde de personnes courageuses qui cherchent à vaincre l’injustice par l’amitié et la compréhension. Ce n’est pas une utopie, mais un projet concret et réalisable que le Centre King appelle “Non-violence 365”, pour indiquer que cela implique un effort quotidien.

    Aujourd’hui, Bernice King, pasteure baptiste et fille de Martin Luther King, l’a illustré au Forum des jeunes dans le cadre de la Rencontre internationale “Ponts de paix”, organisée par la Communauté de Sant’Egidio et l’Archidiocèse de Bologne, qui se concluera mardi en fin de journée avec la Prière pour la paix. Les échanges entre les participants furent denses et vivants, avec quelques blagues.

    Stefano Orlando. La paix est-elle aujourd’hui un rêve irréalisable? Je pense à la Syrie, à la peur du prochain, au racisme qui se répand. Ce monde violent et divisé ne nous plaît pas.

    Bernice. Mon père croyait que la non-violence pouvait résoudre les problèmes moraux et concrets, en utilisant la méthode “non-violence 365”. Une manière de penser et de vivre qui implique un changement quotidien, qui préserve la dignité de tout le monde. Mon père a été un chercheur de la vérité, en prenant des petits morceaux de foi différente, comme une recette de pizza. Six principes le guidaient: la non-violence n’est pas passive et est pour les personnes courageuses; essaie de vaincre avec l’amitié et la compréhension; chercher à défaire l’injustice et pas les personnes. La souffrance peut devenir rédemption, lorsque l’on choisit l’amour. Enfin, le non-violent croit que l’univers est du côté de la justice. Mon père étudiait et croyait en cela. Nous devons élever notre humanité; nous devons préserver l’autre, ce qui est la première règle de l’amour. Aimer vos ennemis. Martin Luther King  croyait dans les béatitudes de l’agape (de l’amour), dans l’amour inconditionnel pour toute l’humanité:

    Jennifer (amie de Bernice qui travaille au King Center) Ton père disait: “J’ai décidé de vivre dans l’amour”, mais, toi, pendant de nombreuses années, tu as haï les blancs. C’est un blanc qui avait tué ton père”.

    Bernice. J’avais 20 ans, je détestais les hommes blancs. Un jour, j’ai participé à un talk-show chrétien animé par un blanc. Il m’a dit: est-ce que je peux t’embrasser? Je ne voulais pas, mais cela a été un des moments les plus vrais que j’ai vécu. J’ai changé à l’intérieur. J’ai compris que l’on ne peut pas enfemer les personnes dans des cases. Chacun d’entre nous est crée à l’image de Dieu. La haine siginfie boire du venin et attendre que l’autre meurt. Celui qui hait est celui qui souffre le premier.

    Jennifer: Qu’est ce que tu veux dire à ces jeunes? Comment vivre la non-violence?

    Bernice: “Avec un coeur juste et une attitude juste. Michelle Obama a dit: quand ils s’abaissent, relevez-les. La non-violence signifie oeuvrer à un niveau plus élevé de discipline. C’est une manière de résister au mal par les principes que je viens d’énoncer. Etre cohérent ne se manifeste par en disant des injures et en criant. Il est faux de croire qu’il faille de la violence pour parvenir à un changement. La violence amène la violence; la non-violence est une arme pleine de justice et d’amour inconditionnel”.

    Valentina: Aujourd’hui, ne manque-t-il pas de leaders de paix comme ton père? Vois-tu des changements positifs?

    Bernice: La lutte pour la paix est un processus qui n’est jamais terminé. Il doit être mené par chaque génération. Cela me donne de l’espoir de voir les jeunes aux Etats-Unis qui s’engagent contre les armes. Ce sont l’apathie et l’indifférence qui me découragent. La liberté n’est jamais une conquête définitive, c’est un processus continu. Chaque génération doit veiller pour protéger ses propres libertés. Nous devons être plus déterminés que les fils des ténèbres.

    Alessio: Nous, les jeunes de Sant’Egidio de Bologne, nous rencontrons beaucoup de pauvres, d’injustices, de violence. Comment continuer à espérer?

    Bernice L’unique manière est d’utiliser la non-violence. La vie est faite de souffrances et de lutte. Nous devons être prêts à semer l’espoir. Vous êtes la lumière du monde. Votre lumière doit briller et le monde verra votre travail. La lumière nous fait voir le prochain. L’obscurité nous rend agressifs. Pour changer le monde, nous avons besoin de la lumière qui vainc les ténèbres. Nous devons illuminer la pauvreté. Toi, en tant que jeune et, vous, comme communauté, vous pouvez marcher avec dignité et discipline pour illuminer la pauvreté.

    Chiara (de l’école de la paix de Gênes): Comment transmettre la valeur de la paix aux enfants? Bernice raconte l’histoire d’une petite fille du Bronx qui a créé un règlement de classe inspiré par la paix, Et elle conclut: ” soyez gentils, amusez-vous, garder votre monde beau et propre”.

    La dernière question vient de Jennifer: “Raconte-nous comment ton père définissait la grandeur”.

    Bernice: Celui qui veut être grand doit se faire le serviteur de tous…Nous pouvons tous être grands parce que nous pouvons tous servir. Il faut pour cela un cœur rempli de grâce et un esprit rempli d’amour. Celui qui est guidé par l’amour est grand.