Archives de catégorie : S. Egidio

La Communauté S. Egidio a été fondée à Rome en 1968. Elle tient son nom d’une église romaine du quartier de Trastevere où son centre international est établi. Le mouvement compte plus de 70’000 personnes dans le monde, actives dans 70 pays sur tous les continents.

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Message vidéo des jeunes européens pour la Journée de la Mémoire.

Ils sont allés à Auschwitz, mettant leur pas dans ceux des juifs et des roms exterminés par la folie nazie, ils ont rencontré les témoins, survivants de la Shoah. Plus de 500 jeunes de Sant’Egidio, venant de différents pays européens, en la Journée de la Mémoire partagent un même voyage, qui se conclut avec une certitude : la mission des nouvelles générations, contre toute forme de racisme et de violence, est de construire une amitié sans frontières, a Global friendship.

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Prédication du pasteur Paolo Ricca pour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens

Prédication du pasteur vaudois Paolo Ricca à Sainte-Marie du Trastevere pour la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens

Du livre de l’Exode 15,1-6

« Ta main, Seigneur, est magnifique en sa force. » Voilà, frères et sœurs, le thème que les Eglises des Caraïbes, nous sommes donc en Amérique Centrale, ont choisi pour la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui a commencé hier.

Les peuples des Caraïbes, comme vous le savez probablement, ont subi pendant une longue période la domination coloniale des européens, de la part de la France, de l’Angleterre, ou encore des Pays-Bas. Ces peuples ce sont libérés depuis un certain temps déjà du poids de la domination coloniale, ils ont été libérés, comme le peuple d’Israël a été libéré de la servitude en Egypte.

Le cantique que nous avons entendu – dont nous avons entendu les premiers versets – est un chant de joie et de victoire que le peuple d’Israël entonne après avoir traversé la Mer Rouge et après avoir vu l’armée des égyptiens engloutie par les eaux de la mer, et par conséquent détruite, noyée, précipitée dans les bas-fonds comme une pierre au fond de la mer. L’abime les recouvre, ils descendent comme une pierre au fond des eaux.

Israël est sain et sauf, mais l’armée égyptienne a péri. Des milliers et des milliers de soldats sont morts. Israël chante, l’Egypte pleure. Israël fait la fête, l’Egypte est en deuil. « Ta main, Seigneur, est magnifique en sa force ! » Mais la joie de l’un fait la douleur de l’autre.

Il en va souvent ainsi dans notre monde. Je me rappelle lors d’un voyage en Inde, il y a plusieurs années, avoir entendu le discours d’un homme politique qui disait : « votre bonheur est notre malheur. Votre bien-être est notre misère. Votre joie est notre douleur. »

Souvent, il en est ainsi, aujourd’hui encore. Notre richesse est, en partie au moins, payée par la pauvreté des autres. Notre bien-être est, en partie au moins, payé par la misère des autres.

Il y a donc une tristesse derrière cette joie. Car il est juste qu’Israël chante, il est vivant, il a survécu miraculeusement ; donc il est juste qu’il entonne ce chant de joie. Mais il devrait aussi entendre la plainte de tous ceux qui pleurent, les égyptiens précipités au fond de la mer.

Je voudrais vous rapporter un commentaire rabbinique de ce cantique, un commentaire rabbinique qui dit ceci : Israël chante sa joie, tout le peuple est en fête, Miryam invite les femmes d’Israël à sortir de leurs tentes avec leurs tambourins et leurs instruments de musique et à danser de joie pour ce miracle qui permit à Israël de garder la vie. Et les anges qui sont devant le trône de Dieu – dit le commentaire rabbinique – voudraient eux aussi chanter avec Israël, s’unir au chant de joie d’Israël mais Dieu leur fait des reproches, disant : « Comment pouvez-vous chanter un hymne de joie, tandis que mes créatures, les égyptiens, sont engloutis au fond de la mer ? »

Comme si Dieu était triste de ce mal nécessaire – appelons-le ainsi – la mort de l’armée égyptienne, un mal nécessaire pour sauver Israël, mais un mal, pas un bien.

« Ta main, Seigneur, est magnifique en sa force. »

Forte pour libérer, pas pour tuer. C’est la main de l’homme qui tue. Pas celle de Dieu. Forte pour libérer un peuple esclave. Pourquoi l’a-t-il libéré ? Dieu ne supporte pas l’esclavage. Dieu n’est pas neutre face au mal, face à l’oppression, face à l’exploitation. Il n’est pas neutre, il n’est pas au-delà du bien et du mal, comme l’affirme Nietzsche. Dieu est du côté du bien, contre le mal.

Dieu est partisan, il n’est pas impartial.

Il défend la cause de l’orphelin et de la veuve. Il renverse les puissants de leurs trônes – dit Marie dans son Magnificat – et il élève les humbles. Lorsque le Règne de Dieu approche, beaucoup de premiers deviennent derniers et les derniers deviennent premiers. « Ta main, Seigneur, est magnifique en sa force. » Vraiment, la main du Seigneur doit être très forte pour que les derniers deviennent premiers et que les premiers deviennent derniers. Cette main doit être très forte.

Mais, vous le savez, la puissance de Dieu a précisément été remise en cause au siècle passé. Vous connaissez, je pense, un texte célèbre, une conférence donnée par un juif, intitulée « le concept de Dieu après Auschwitz ». Dans ce texte, l’auteur dit que lorsqu’il était enfant, il a appris à la synagogue que Dieu était bon et tout-puissant. Mais aujourd’hui, après Auschwitz, « je ne peux plus le croire. S’il était vrai que Dieu est bon et tout-puissant, il n’aurait pas permis Auschwitz. » Dieu est probablement bon, mais pas tout-puissant ; ou alors, il est tout-puissant mais pas bon et alors, il ne s’intéressait pas à ce qui a eu lieu à Auschwitz. Car il n’est pas bon ! Et donc, il faut choisir, dit l’auteur, Hans Jonas : ou un Dieu bon, mais pas tout-puissant, ou l’inverse. Personnellement, je choisis un Dieu bon, mais pas tout-puissant.

Moïse, pourtant, dit que la main du Seigneur est forte. Forte veut dire puissante, toute-puissante. Alors, comment sortir de ce dilemme ? Hans Jonas a-t-il raison en disant que Dieu n’est pas tout-puissant ? Ou bien est-ce Moïse qui a raison, en affirmant que la main du Seigneur est magnifique en sa force ?

Moïse a raison, mais il faut comprendre une chose fondamentale. Nous associons la notion de puissance ou de toute-puissance à la force, y compris à la force qui réussit à s’imposer. Or ce n’est pas ainsi que se manifeste la toute-puissance de Dieu. Pas par la force, encore moins par la violence. Mais par la Parole, et rien d’autre que la Parole. Dieu est tout-puissant, mais par sa Parole. D’aucune autre façon.

Et la parole, si vous voulez, est le comble de l’impuissance, car c’est une parole offerte, une parole qui demande, qui se présente, qui ne s’impose pas. C’est une parole non violente.

Dieu a dit « tu ne tueras point », il l’a dit depuis les temps de Caïn. Mais Dieu n’a pas d’autre puissance que de dire « tu ne tueras point. » Si tu commets un meurtre, si tu es comme Caïn, la puissance de Dieu ne s’oppose pas, car Dieu n’a pas d’autre force que celle de sa Parole.

Et si vous voulez une icône, comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire une image de la puissance désarmée de la Parole de Dieu, qui est sa vraie toute-puissance, son unique toute-puissance, je vous propose l’image que vous avez tous certainement en mémoire.

L’image d’un jeune chinois désarmé, qui le 5 mai 1989 a arrêté quatre chars d’assaut. Voilà, il me semble, l’image parfaite de la puissance désarmée d’une parole muette, mais vécue donc vivante, de ce jeune désarmé qui arrête un char d’assaut.

Voilà ce que doit être l’Eglise de Jésus. Un jeune désarmé qui arrête le char d’assaut de l’armée, même celui de l’armée égyptienne, sans le précipiter au fond de la mer.

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La Communauté de Sant’Egidio de Lima aux rencontres avec le pape François au Pérou

Représentant dix districts de la grande métropole de Lima, une délégation de Communautés de Sant’Egidio (de nombreux jeunes qui ont voulu vivre cette expérience avec la Communauté, des adultes, des amis pauvres, dont plusieurs sans domicile) ont salué et écouté le pape François à l’occasion de son voyage au Pérou.
La Communauté de Sant’Egidio et les Jeunes pour la paix ont salué avec grande joie le pape François à son arrivée sur l’Avenida Brasile et ont participé à la grande messe qui a rassemblé un millier de personnes venues de tout le pays. Plus tard, à la nonciature, l’occasion a été donnée d’une rencontre rapprochée, motif de joie pour tous, mais surtout pour les amis sans domicile, dont l’un a écrit une lettre au pape.
 

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Ouverture de l’école pour 300 enfants réfugiés rohingyas du camp de Jamtholi !

Après avoir partiellement surmonté l’épidémie de choléra et de diphtérie qui a frappé la majeure partie de la population rohingya réfugiée dans des camps au Bangladesh – surtout en décembre et dans la première quinzaine de janvier – voilà qu’une nouvelle menace pointe à l’horizon. Il s’agit de l’arrivée de la mousson, qui s’annonce particulièrement longue et virulente cette année, avec un cyclone qui pourrait arriver par le nord-est, vers la mi-avril.

Du fait que les cabanes sont construites sur des terrains en pente, avec un sol sablonneux, la probabilité de glissements de terrain est très élevée, ce qui menacerait près de 60% des habitations provisoires. Des abris de secours sont donc nécessaires. La mousson entraine par ailleurs un risque d’une nouvelle diffusion du choléra. Pour cette raison, la Communauté de Sant’Egidio poursuit son engagement aux côtés du MOAS (Migrant Offshore Aid Station), dans les hôpitaux de campagne de Shamlapur et d’Unchiprang. Ces derniers jours, elle a distribué de l’aide médicale pour faire face à la situation.

A l’école 

Simultanément, pour répondre aux besoins des enfants, qui constituent désormais plus de la moitié de la population dans les camps rohingyas – on parle d’environ 520.000 enfants – la Communauté de Sant’Egidio a ouvert une école pour 300 enfants, dans le camp de Jamtholi.

A compter de ce jour, l’école fonctionne 6 jours par semaine, du samedi au jeudi, de 9h à 15h, organisée en 3 groupes de 100 enfants.

Les professeurs sont quatre réfugiés Rohingyas qui enseignaient dans la région du Rahkine avant de s’enfuir. L’école se tient pour l’instant dans une cabane provisoire, dans l’attente du lancement d’une construction plus ample et plus stable sur un autre terrain, pour lequel le permis de construire a déjà été obtenu. La construction sera réalisée par les bénévoles des Dreamer et de la Muhammadiyah, qui gèrent aussi un petit centre nutritionnel.

Ouvrir une école est un geste d’espérance pour l’avenir des rohingyas, dans un moment où la situation est encore bloquée : en effet, la perspective d’un “rapatriement”, annoncée par le gouvernement du Bangladesh après la rencontre avec le gouvernement du Myanmar, le 16 janvier dernier à Naypyidaw, rencontre des difficultés significatives.

Le rapatriement éventuel est conditionné par l’attribution de la citoyenneté birmane aux rohingyas, laquelle serait accordée (d’après les accords signés) à un maximum de 300 personnes par jour. Cela entrainerait le démantèlement des camps de réfugiés sur une période de 10 ans !

L’école est le premier pas pour commencer à transformer cette longue phase “d’urgence” en un temps qui soit utile et qui prépare les nouvelles générations à un avenir dont nous souhaitons qu’il prévoit un processus d’intégration dans une société multiethnique

Aidez-nous à donner un avenir aux enfants Rohingyas, réfugiés au Bangladesh !

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Aide humanitaire en Centrafrique… en attendant la paix

La Communauté de Sant’Egidio qui, en collaboration avec le gouvernement de la République centrafricaine et les Nations unies, participe au projet pilote de désarmement des groupes politico-militaires, a effectué à Bangui une nouvelle distribution d’aides alimentaires destinées à ceux qui ont déposé les armes. Les bénéficiaires, quiappartiennent aux groupes politico-militaires MPC, Antibalaka, Seleka Renouvelée et Rj Belanga, ont exprimé leur gratitude envers la Communauté de Sant’Egidio pour son soutien, nécessaire à la réussite du programme de désarmement.

Entre septembre et décembre 2017, plus de 500 éléments des groupes armés ont été intégrés dans l’armée régulière ou inclus dans des programmes de réinsertion socio-économiques :un pas en avant significatif vers le désarmement et la stabilisation du pays.

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Des pas vers la paix en Casamance : le gouvernement sénégalais libère deux prisonniers du MFDC

Le 1er janvier, deux membres du MFDC de Salif Sadio qui étaient jusque-là aux arrêts, gardés par les forces de sécurité du gouvernement sénégalais, ont été libérés dans les environs de Bignona (Sénégal). La nouvelle a été communiquée par la Communauté de Sant’Egidio, qui conduit depuis longtemps un travail de médiation entre Dakar et le MFDC, principal mouvement politico-militaire casamançais, en conflit depuis plus de 30 ans avec les autorités du pays.

La libération, obtenue grâce à la coopération du Comité international de la Croix rouge – que la Communauté remercie pour son précieux soutien, vient en application des « mesures de confiance réciproque », un texte signé au cours des dernières négociations de paix qui se sont tenues à Sant’Egidio.

Comme suite du même accord s’est tenue, le 26 décembre dernier, dans le village de Djiro (district de Sindian-Bignona) une rencontre de représentants du MFDC avec la population, ayant pour thème le processus de paix en cours.

La Communauté de Sant’Egidio souligne qu’il s’agit là de pas significatifs sur le chemin vers une paix équitable et définitive dans la région de Casamance, au Sénégal, et renouvelle son engagement pour le dialogue entre les parties en conflit.

 Zinguinchor, le 1er janvier 2018

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