Fribourg rejoint “Villes pour la vie”

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    Solidarité • La Ville participe pour la première fois à la campagne internationale de lutte contre la peine de mort. Manifestation officielle le samedi 29 novembre. (Article paru dans “La Liberté” le 21.11.2008).

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    Fribourg contre la peine de mort

    STÉPHANIE BUCHS, AVEC L’APIC

    Fribourg fait désormais partie des  «Villes pour la Vie – Villes contre la peine de mort». Pour la première fois, Fribourg participe à la campagne mondiale contre la peine de mort. Ainsi, le centre-ville accueillera plusieurs manifestations le samedi 29 novembre. A 18 h, une marche in memoriam du dernier condamné à mort fribourgeois (voir ci-contre) partira des Augustins. Un grand rassemblement est ensuite prévu dès 18h30 devant l’Hôtel de Ville, où le syndic Pierre-Alain Clément prendra la parole.

    Récolte de signatures

    «La ville a été sollicitée par les organisateurs de cette manifestation. Et le Conseil communal a trouvé évident d’y prendre part», précise Pierre-Alain Clément. Personnellement, il dit avoir été particulièrement touché par le sujet: «J’avais suivi de près la première action spectaculaire de François Mitterrand en 1981 qui avait été l’abolition de la peine de mort! C’est un problème qui m’a toujours intéressé.»

    Le 29 novembre, la place de l’Hôtel-de-ville de la capitale accueillera encore d’autres événements. Tout commencera à 9h30: les organisateurs, des membres de l’ACAT-Fribourg, d’Amnesty International et de Lifespark y tiendront un stand d’information. Ils récolteront des signatures pour l’abolition de la peine de mort.

    Hôtel de Ville illuminé

    Le fil rouge de la manifestation internationale: un monument doit être illuminé. Fribourg a choisi de mettre en évidence son Hôtel de
    Ville: les frères Ruffieux l’illumineront et projetteront «Univers», l’une des vidéos de leur spectacle «Falaises», qui a eu lieu en septembre («La Liberté» du 22 septembre). Pour agrémenter la soirée et réchauffer les participants, le vin chaud sera servi. A 19h30, Bernadette Forhan, spécialiste de la thématique «Peine de mort dans le monde» pour l’ACAT-France, parlera sur le thème «Pourquoi s’engager aujourd’hui?», à la salle paroissiale de Saint-Nicolas, Grand-Rue 14. L’entrée est libre, une collecte est organisée à la sortie, et le verre de l’amitié sera servi.

    Cette campagne mondiale contre la peine de mort prend sa place à la fin novembre dans le calendrier de 59 pays et de 777 villes, dont 19 en Suisse. Elle a été lancée en 2002 par Sant-Egidio, en commémoration de la première abolition de la peine de mort dans l’ordre juridique d’un Etat européen en 1786 dans le grand-duché de Toscane.

    Plus de 50 000 personnes

    Cette campagne contre la peine de mort a été lancée à Rome par la Communauté de Sant’Egidio. Ce mouvement de laïcs catholiques fondé en 1968 par un professeur d’histoire, Andrea Riccardi, regroupe plus de 50000 personnes dans une bonne septantaine de pays des divers continents. Il se distingue par son engagement dans le domaine de la paix, de la réconciliation, du dialogue et de l’action
    sociale. Depuis 2002, ce sont de plus en plus de villes dans le monde
    qui participent à cette action.

    LE DERNIER CONDAMNÉ À MORT

    C’est en 1902 que le dernier condamné à mort, Etienne Chatton, fut guillotiné à Fribourg, dans la cour de la prison des Augustins. Ce fut la dernière exécution civile en Suisse romande. Le condamné avait tué à coup de hache sa cousine. Relevant son «cynique sang-froid et sa lâcheté féroce», le procureur général avait requis la peine de mort alors que l’avocat avait mis en évidence la responsabilité diminuée de son client: hérédité chargée, alcoolisme, syphilis et conséquences d’une mauvaise chute. La sentence de mort du tribunal fut saluée par quelques bravos immédiatement réprimés par un geste du
    président.

    Le Grand Conseil fut appelé à se prononcer sur le recours en grâce du condamné. Il en délibéra en séance extraordinaire, le 30 juillet 1902. La grâce fut refusée par 76 voix contre 12 et 4 bulletins blancs. Selon la loi en vigueur, le condamné devait être exécuté dans les trois jours, mais pas un dimanche ni un jour de fête. Le Conseil d’Etat n’en fit pas cas, et Etienne Chatton fut «liquidé» un petit matin de fête nationale, le 1er Août 1902. APIC

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